la Brasserie Paul 5/4

En 1932, Kohler, Français, et Criblez, Suisse, constituent une société en nom collectif ayant pour objet l’exploitation d’hôtels, cafés, restaurants et brasseries. L’année suivante, cette société acquiert le fonds de la Brasserie Paul.

Le papier commercial de 1936 revendique une clientèle internationale : allemand, espagnol et anglais sont parlés. La maison combine brasserie, restaurant, hôtel, buffet froid et billards. Kohler et Criblez ne créent donc pas l’enseigne, mais donnent à une affaire déjà connue une structure sociétaire et une présentation commerciale particulièrement ambitieuse.

Leur ambition se lit moins dans les portraits — que nous ne possédons pas encore — que dans l’image qu’ils donnent de l’entreprise. Les langues parlées, le service en chambre, le buffet froid et les salles de jeux composent le vocabulaire d’une maison moderne. Kohler et Criblez semblent avoir compris que la réussite ne dépendait pas d’un seul bon restaurant, mais de la capacité à retenir le client et à répondre, sous un même toit, à plusieurs usages de la ville.

Ils héritent cependant d’une enseigne déjà ancienne et d’une réputation qu’ils n’ont pas créée. Toute leur histoire tient dans cette tension : développer une maison qui porte un autre nom, moderniser un ensemble dont la propriété immobilière paraît partagée, puis tenter de sauver, après 1944, une valeur commerciale devenue presque immatérielle.