Pendant la Semaine rouge puis les bombardements de 1944, les secteurs de la rue Grand-Pont, de la rue aux Ours et de la rue Ampère sont ravagés. L’ancienne Brasserie Paul disparaît avec une part considérable du tissu commercial du centre de Rouen.
Deux regards sur la destruction
La cathédrale de Rouen après les bombardements de 1944, vue depuis le secteur de l’ancienne Grande Brasserie Paul, entièrement détruite. Au premier plan s’étend l’emprise dévastée de l’ancien établissement ; à droite apparaît également le secteur où sera aménagé le nouvel îlot accueillant la Brasserie Paul reconstruite. Photographie d’archive, auteur et date exacte à préciser.
Cette photographie met en relation, dans un même axe, les deux implantations successives. Le photographe se tient sur ou à proximité immédiate du site de la brasserie d’avant-guerre, tandis que l’espace visible au sud de la cathédrale annonce le déplacement futur de l’établissement vers la place de la Cathédrale.
Hans Liska (1907–1983), Rouen en flammes, avril 1944. La légende manuscrite affirme : « Rouen, incendiée par nos ennemis eux-mêmes. La cathédrale a pu être sauvée grâce à l’intervention de nos soldats. » Illustration de guerre reproduite comme document historique.
Le dessin restitue avec force l’embrasement du quartier et la silhouette menacée de la cathédrale. Il ne constitue cependant pas un témoignage neutre. Hans Liska travaillait alors comme dessinateur au sein des troupes de propagande de la Wehrmacht. Le texte oppose les bombardiers alliés, présentés comme responsables de la destruction, aux soldats allemands présentés comme les sauveteurs du monument. L’image doit donc être lue à la fois comme une évocation graphique des événements et comme une construction de propagande.